lundi 8 septembre 2014

Enemy

Réalisé par : Denis Villeneuve

Avec : Jake Gyllenhaal, Mélanie Laurent, Sarah Gadon...

Nationalité canado-espagnole

Genre : Génialement déprimant

Durée : 1h30








Adam, un professeur discret, mène une vie paisible avec sa fiancée Mary. Un jour qu'il découvre son sosie parfait en la personne d’Anthony, un acteur fantasque, il ressent un trouble profond. Il commence alors à observer à distance la vie de cet homme et de sa mystérieuse femme enceinte. Puis Adam se met à imaginer les plus stupéfiants scénarios... pour lui et pour son propre couple.




Critique de Kaal

Leçon de production.
Denis Villeneuve est aussi le réalisateur de la grande surprise de 2013, Prisoners avec Hugh Jackman et déjà Jake Gyllenhaal. Pourtant, Enemy a été tourné avant ce dernier et ne sort que maintenant. Pourquoi ? C'est simple. Denis Villeneuve a signé pour ces deux films au même moment en 2012, mais Prisoners est un film calibré blockbuster avec un calendrier stricte et Enemy est un film indé calibré festival donc avec un temps de post production plus long et plus escarpé. C'est donc pourquoi Prisoners est sorti avant Enemy et cela se remarque en voyant ce dernier, car le sujet n'est pas maîtrisé aussi bien.

Adam Bell (génial Jake Gyllenhaal) est professeur d'histoire dont la vie est d'une morne monotonie. Même sa copine Mary (jouée par Mélanie Laurent qui cache de mieux en mieux son accent) ne parvient pas à le sortir du gouffre dans lequel il semble tombé il y a déjà longtemps. Un jour où il regarde une mauvaise comédie en dvd, il tombe sur un acteur qui lui ressemble. Pas qu'un peu, c'est un autre lui, son doppelgänger. Personnage déjà torturé, il cherche à savoir qui est cet acteur et veut le voir. En être sur. Mais y a-t-il seulement cette certitude ? Non. Cette quête montre tout le besoin d'Adam de bousculer sa vie et de prendre un peu de celle d'Anthony St. Claire, un connard égocentrique qui laisse sa femme enceinte Helen (jouée par la très touchante Sarah Gadon). Jusqu'à ce que cela aille trop loin. Et si c'était vraiment lui ?

Le film est monté sur un rythme très lent. Beaucoup trop parfois. Plus contemplatif qu'actif, le spectateur est en position d'attente de la même façon qu'Adam espère un changement. Quand cela se rapproche, on se surprend à deviner (ou espérer) les regards et les gestes interdits. Cette volonté perturbée avance dans la film comme un spectre sous la forme d'araignée dont une géante qui avance sur Toronto en pleine journée donnant un glaçant effroi dans la salle. D'ailleurs celle-ci fait beaucoup pensé (voir complètement référence) à la sculpture Maman de Louise Bourgeois dont un exemplaire se trouve à Ottawa au Canada. Cette oeuvre honore les mères, bénéfiques et protectrices comme les araignées dans les recoins des foyers. Un peu comme le personnage d'Helen, future maman et seul réel espoir de stabilité dans cette histoire. 

Enemy est un film étrange, qui n'entre dans aucune case. Ce qui est sur c'est qu'il est prenant, dérangeant et obsédant. A vous de voir. 





10 commentaires:

  1. Non mais sérieux ? ça faisait longtemps que je n'avais pas vu une belle daube comme ça, une fin sans explications, une fin qui s'arrête nette comme cela, quoique c'était pas plus mal que ça s'arrête. Genre le prof dans la salle des profs, qui lui dit : "oh si tu regardais ce film là", mais vraiment à tout hasard, le gars on ne le revoit pas après. Une belle daube !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ce personnage un peu ridicule sert d'élément déclencheur. Il n'est pas utile par la suite.
      C'est ton impression que le film s'arrête net, pourtant l'histoire est finie. Si tu avais bien suivi, tu aurais compris pourquoi. Même si tu sembles contre l'idée, un second visionnage pourrait être utile non ?

      Supprimer
  2. Une belle claque pour ma part. Que ça fait du bien un cinéaste qui laisse avec soin et intelligence le spectateur se démerder, pas de didactisme, pas de brossage dans le sens du poil. Tu dis que c'est plus contemplatif qu'actif pour nous mais perso je trouve que l'équilibre est parfait. Contemplactif, quoi ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Appellez Madame Larousse et Monsieur Robert, on a inventé un nouveau mot.

      Supprimer
  3. Ce film est à mon sens plein de subtilité qui laisse interrogatif. On ressort de la salle sans trop savoir si on apprécié ce qu'on a vu ou non. On cogite, on cherche un sens logique et lorsqu'on comprend tous les symboles et les indices alors on peut enfin l'apprécier et ce dire que oui, Enemy est un bon film bien pensé. J'aime être une spectatrice active qui demande un minimum de réflexion. Le réalisateur nous donne les clés pour le comprendre et c'est à nous de faire le reste du chemin. Finalement comme Adam, nous faisons nous aussi un cheminement intérieur avec le/les personnage(s). Je reproche juste qu'il soit un peu (trop) lent.
    Dans tous les cas, il ne peut pas laisser indifférent: on aime ou on déteste.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh oui il laisse songeur. J'y pense encore d'ailleurs sans trouver toutes les clés du film.
      Le réalisateur Denis Villeneuve a reproduit le même principe dans Prisoners en faisant confiance à ses spectateurs. Avantage de ce dernier, c'est bien plus rythmé.

      Supprimer
  4. Bonsoir Kaal, le film vaut surtout pour l'interprétation de Jake Gyllenhaal (vraiment bien) et pour Toronto. Sinon, à chacun de voir en effet. Bonne soirée.

    RépondreSupprimer